Un employé peut-il s'adresser directement aux médias ?

Un employé peut-il s'adresser directement aux médias ?

Oui, dans certaines situations.

Mais pas toujours.

Directive européenne sur la dénonciation, Directive européenne (UE) 2019/1937, La directive sur la protection de la vie privée et de l'intégrité physique, qui prévoit une protection pour les personnes qui signalent des infractions à la législation européenne. Cette protection couvre non seulement les rapports internes et externes, mais aussi la publicité, ce qui, dans la pratique, peut signifier s'adresser aux médias.

La question est de savoir dans quelles conditions.


Trois niveaux de rapport

La directive est basée sur une structure en trois étapes :

  1. Rapports internes - au sein de l'organisation

  2. Rapports externes - à l'autorité compétente

  3. Publication - par exemple aux médias

La protection est la plus forte pour les rapports internes et externes. La divulgation publique est possible, mais seulement sous certaines conditions.


Quand est-il permis de s'adresser directement aux médias ?

Un membre du personnel peut être couvert par la protection contre la divulgation publique si l'une des conditions suivantes est remplie

  • La personne a fait l'objet d'un premier signalement interne et/ou externe sans qu'aucune mesure appropriée n'ait été prise dans un délai raisonnable.

  • il existe des motifs raisonnables de croire que l'infraction présente un danger imminent ou manifeste pour l'intérêt public.

  • Il existe un risque de représailles ou de destruction de preuves si le signalement est effectué par des canaux internes ou externes.

Ce qui compte, c'est que la personne ait motifs raisonnables de croire que les informations sont exactes et que les conditions de publication sont remplies.

Le motif de la publication n'est en principe pas pertinent. Ce qui compte, c'est de savoir si les critères sont remplis.


Quel est le lien avec le devoir de loyauté ?

La relation de travail repose sur une obligation fondamentale de loyauté.

Au fond, l'obligation de loyauté signifie que l'employé doit :

  • défendre les intérêts de l'employeur

  • ne pas mettre en péril l'entreprise

  • ne pas diffuser d'informations nuisibles sans justification appropriée

Dans de nombreuses situations, le fait de s'adresser directement aux médias peut être perçu comme un manquement à ce devoir de loyauté.

Mais la directive sur la dénonciation signifie que le devoir de loyauté n'est pas absolu.

Lorsque les critères spécifiés sont remplis, la protection de la dénonciation des délits d'intérêt public l'emporte sur l'intérêt de l'employeur pour le contrôle interne de l'information.

Cela ne signifie pas que le devoir de loyauté disparaît.

Cela signifie qu'il doit être mis en balance avec le droit de tirer la sonnette d'alarme en cas d'infractions graves.


Que se passe-t-il si les critères ne sont pas remplis ?

Si un employé s'adresse directement aux médias sans que les conditions énoncées dans la directive soient remplies, il peut se retrouver sans la protection spécifique prévue par la directive.

Dans une telle situation, l'obligation générale de loyauté dans la relation de travail entre à nouveau en jeu.

Il n'est pas vrai qu'un employé est toujours protégé simplement parce que des informations sont communiquées aux médias. La protection est conditionnelle.


Résumé

Un employé peut-il s'adresser directement aux médias ?

Oui, mais seulement si :

  • il existe des motifs raisonnables de croire que les informations sont exactes ; et

  • les conditions de publication prévues par la directive sont remplies.

La directive sur la dénonciation offre la possibilité de rompre le silence lorsque l'intérêt public l'exige.

Mais il ne s'agit pas d'un droit général permettant d'outrepasser l'obligation de loyauté prévue par le contrat de travail.